lundi 5 mars 2012

La Dame en Noir

Seulement 8 mois ont passé depuis la sortie d'Harry Potter et les Reliques de la Mort et déjà Daniel Radcliff reprend du service dans un film d'un tout autre registre. Le jeune homme à rangé sa cape et sa baguette magique au placard et enfile un long manteau noir pour se rendre dans un petit village de l'Angleterre du XIXème et enquêter sur la mort d'une jeune femme.


Daniel y campe donc un jeune notaire venu dans le petit village perdu de Crythin Gifford pour régler la succession d'une cliente récemment décédée.
Dans l'impressionnant manoir de la défunte, il ne va pas tarder à découvrir d'étranges signes qui semblent renvoyer à de très sombres secrets. Face au passé enfoui des villageois, face à la mystérieuse femme en noir qui hante les lieux et s'approche chaque jour davantage, Arthur va basculer dans le plus épouvantable des cauchemars...

Si le synopsis fait déjà froid dans le dos, la photographie ne réchauffera pas le spectateur. Petit village anglais, marécageux sous une grisaille brumeuse et pluvieuse. Tout est là pour nous faire frissonner.

Scénario classique donc, non sans rappeler de loin le fameux Tour d'Ecrou d'Henry James, pas de grandes innovations, mais cela ne semble pas être le but du sieur Watkins.



Reste à savoir si notre Harry Potter est crédible. Il est difficile de ne pas l'imaginer clamer des sorts à tout va et s'envoler sur son balais, mais, Daniel n'ouvre plus les portes à coups d'alohomora mais à coups de haches. Un peu jeune pour interpréter un notaire, père de famille et veuf de surcroît, il fait néanmoins beaucoup d'efforts pour ne pas paraître ridicule - peut-être est-il las de son rôle qui lui colle à la peau (cependant, 11 ans à incarner le jeune sorcier, ça va être dur, Daniel, de t'en débarrasser) -.


Plutôt adepte des films de fantômes et d'Angleterre profonde, je n'ai pas su résister à l'appel de la Dame en Noir. Pas vraiment déçue, pas totalement satisfaite, je ne crierais pas « remboursez ! », mais ne saurais dire si le film vaut vraiment la chandelle.

Oui parce que, le film effraie, mais les apparitions brusques dans le reflet d'une vitre et le volume du film qui augmente brutalement lorsqu'un cri retentit, je sais pas ce que vous en pensez, mais on a connu plus subtil.

L'histoire n'est, toutefois, pas mauvaise, il s'agit d'ailleurs de l'adaptation du roman du même nom de Susan Hill (sorti en 1983). Signé James Watkins, s'étant assuré le statut de réalisateur montant du cinéma d'horreur so british avec son grandiose Eden Lake, la sortie de la Dame en Noir semblait prometteuse. S'il n'en est pas a pouvoir prétendre au prix Gérardmer, il ne reste tout de même pas totalement déplaisant.


Bon, alors, verdict, si vous aimez avoir peur, le film est pour vous. Si, pour autant, vous êtes un amoureux de finesse et d'angoisses subtiles, vous aurez sûrement du mal à apprécier les scènes d'horreur qui parsèment ce film. Joli film, d'ailleurs, esthétique, presque décoratif, sympathique et regardable, pas de grosse déception en somme, un jeu d'acteur acceptable. Daniel ne brille pas, mais, d'un avis qui reste personnel, je ne l'ai jamais trouvé exceptionnel. Ce pont-du vue n'engage que moi et je vous invite à vous en faire votre propre idée en visionnant la bande-annonce et, pour les moins réticents, rendez-vous le 14 mars dans les salles obscures.

mercredi 7 décembre 2011

American Horror Story X

Je profite d'un moment d'accalmie dans mon emploi du temps de ministre pour reprendre en main mon blog, longtemps délaissé.
Alors pour reprendre le flambeau en beauté et pour pallier à mon manque cruel de sorties ciné ces temps-ci, penchons nous sur le monde merveilleux du petit écran.

Signée Ryan Murphy (le très bon, à l'origine de Glee et Nip/Tuck), American Horror Story promet depuis sa sortie un excellent exercice de style horrifique. Diffusée depuis le 5 octobre (oui, je sais, je suis un peu à la traîne) outre atlantique, la série réunit près de 3 millions de téléspectateurs chaque semaine et se promet un bel avenir télévisuel.



Il faut dire que pour l'instant, c'est plutôt une réussite. Plus prôche des films de Lynch que des mascarades sanguinolentes vues et revues, plus Kafkaïen que Cravenien, la série nous plonge entre déviances mentales, perversions et angoisses latentes.

L'histoire, pour vous la faire courte, c'est celle de Ben, psy de son Etat, de Vivien et de leur fille Violet, la famille Harmon, qui s'installent (sans le savoir) dans un manoir hanté. Préoccupés par leurs histoires familiales, ils décident de s'offrir un nouveau départ. Ce sera sans compter sur les nombreux esprits qui rôdent et se servent de leurs doutes, de leur vices et de leur passé pour les torturer.



Une série horrifique donc, en forme d'hommage au genre, histoire classique de maison hantée bourrée de références stylistiques.

Des fantômes qui s'ignorent, une voisine un peu tarée (magnifique Jessica Lange en actrice désabusée), scarifications, meurtres, sexe, violence parfois gratuite et perversions, tout est là pour nous scotcher au canapé du salon. Et on en demande encore.

L'épisode 10 sera diffusé ce soir, et l'histoire avance progressivement, incorporant çà et là de nouveaux personnages hauts en couleurs. Des intrigues alambiquées se ficellent peut-être trop souvent. Chaque épisode nous raconte l'histoire d'une pauvre victime de cette maison qui semble maudite et, parfois, on peine à suivre. Bref, au cœur de ce « joyeux » bordel, on est souvent perdu, ne sachant plus distinguer ce qui est réel et ce qui ne l'est pas vraiment, ce qui est vécu et ce qui est fantasmé. Ca part dans tous les sens mais on se sent, néanmoins, happé par cet univers étrange et parfois, souvent même, glauque.


Et malgré le bordel ambiant, l'intrigue est bien ficelée, les acteurs sont bons, le style rythmé, donc ça tient la route et c'est maîtrisé, alors que demande le peuple ?
En bref, si vous aimez les séries et que vous êtes fana d'horreur, American Horror Story est fait pour vous ! N'attendez plus et succombez aux charmes de cette petite merveille du petit écran.

vendredi 24 juin 2011

Tarantino revient

Ca fait déjà deux ans que Tarantino roupille pour se remettre de son Inglorious Basterds. Il a donc décidé de revenir avec un western spaghetti comme il les aime.
Prévu pour noël 2012 aux Etats-Unis (en admettant qu'on ne soit pas tous morts, évidemment), Django Unchained devrait réunir Léo DiCaprio (dans le rôle du bad guy, j'ai hate de voir ça), et Jamie Foxx dans le rôle de Django, le héros donc.





Le long métrage, qui sort donc le 25 décembre 2012 outre Atlantique, suivra le parcours d'un chasseur de prime allemand (Christoph Waltz, ça vous dit quelque chose ?), et d'un homme noir pour retrouver la femme de ce dernier retenue en esclavage par le propriétaire d'une plantation. Le proprio, je vous le donne en mille, n'est autre que DiCaprio, qui joue pour la première fois de sa carrière un vilain méchant.





Si la présence au casting de Jamie Foxx n'en est encore qu'au stade de rumeur (on parlait également de Samuel L. Jackson ou de Will Smith), celle de DiCaprio est confirmée.

L'intégralité de casting devrait être connue d'ici peu vu que le tournage est prévu pour cet été.

vendredi 17 juin 2011

X men le commencement ou le spin off qui déchire sa maman !

L’histoire débute en 1944, bien avant que Charles Xavier et Erik Lensherr ne prennent leur noms de Professeur X et Magneto. Après une intro spectaculaire nous permettant de retrouver certains de ces personnages mythiques de la saga, nous sommes propulsés 18 ans après, en 1962 où l’histoire du commencement de nos mutants préférés peut vraiment commencer. Avant d’être ennemis jurés, Pr. X et Magneto étaient amis, proches, et travaillaient ensemble contre LE méchant de l’histoire, menaçant l’humanité de son dessein maléfique.

Prenant comme toile de fond la guerre froide et la crise des missiles à Cuba, époque où la crainte de l’autre atteint son paroxysme, X Men le commencement propose une relecture de l’Histoire qui n’est pas sans rappeler parfois le très sombre Watchmen.
Matthew Vaughn, producteur de son état, en est à son 4ème film derrière une caméra, et après son acidulé et déjanté Kick Ass, revient avec ce spin off maîtrisé d’une franchise qui sommeillait tranquillement depuis le spin off apathique centré sur Wolverine.

Voilà comment le producteur officiel de Guy Richie (quand même) a réussi à ranimer une saga qui commençait légèrement à s’essouffler. Un scénario rythmé, des effets spéciaux décoiffant, un graphisme séduisant (notamment la scène d’entrainement en split screen), et un casting en or, tout pour faire du film de Matthew Vaughn LE film à voir.

Certains détails restent ennuyants, comme une absence de prise de risques, quelques effets spéciaux vacillant, des petits clichés çà et là, mais dans l’ensemble c’est une réussite, et, faut dire ce qui est on en prend plein la face ! Mention spéciale pour une apparition inattendue (que je ne citerais pas je ne voudrais pas gâcher la surprise) et pour James McAvoy et Michael Fassbender qui portent le film à bout de bras musclés et parviennent à prendre la relève de Ian McKellen et Patrick Stewart avec une classe remarquable.

vendredi 25 février 2011

Le Discours d'un Roi

L’histoire vraie du roi Georges VI, avant son couronnement, qui essaie de corriger son défaut d’élocution. L’histoire d’un homme meurtri, le deuxième fils du roi d’Angleterre, qui, bègue, est terrifié à l’idée de prendre la parole en public. L’histoire d’un homme angoissé, complexé, qui après l’abdication de son frère Edward VII (formidable Guy Pearce), se retrouve contraint et forcé de prendre les rênes. Un homme qui face à ses doutes et ses angoisses sous-estime ses capacités.

L’histoire d’une amitié entre deux hommes. L’histoire de l’Histoire, de l’Angleterre des années 30, sur fond de montée Hitlérienne.

Un sacré coup de fouet, une prouesse d’acteurs, tous aussi justes et talentueux les uns que les autres.

Colin Firth, magistral dans le rôle du duc bègue, inhibé et tourmenté avant qu’il ne devienne le roi George VI et qu’il doive prononcer le discours qui appellera le peuple anglo-saxon à la résistance.
Geoffrey Rush, toujours aussi exaltant, dans le rôle d’un thérapeute du langage peu ordinaire. Une Helena Bonham Carter, et sa force d’actrice, à tendance caméléon, presque capable d’endosser n’importe quel rôle, de Marla Singer à la femme aimante et compréhensive du roi d’Angleterre.

Avec Le discours d’un roi, Tom Hooper oscille naturellement entre réflexion psychologique sur le dépassement de soi, le courage infaillible, les rapports conflictuels avec soi-même et la parabole universelle de la communication et les difficultés que l’on éprouve à se faire comprendre.

Tom Hooper nous livre un film remarquable, fluide et bien mené jusqu’à une scène de fin presque spectaculaire, devant laquelle il est difficile de ne pas frémir.

mercredi 23 février 2011

127 heures plus tard

Pour certains le titre n’inspirera rien qui vaille, mélange douteux de longueur et de lenteur qui les fera sans doute fuir les salles obscures. Oui parce que 127 heures, c’est long quand même.
Pour d’autres, Danny Boyle et James Franco constituent des valeurs sures du cinéma, l’un pour ses Transpotting et Slumdog Millionnaire (entre autres), et l’autre surtout pour Harvey Milk.

C’est l’histoire vraie d’Aaron Ralston, un grimpeur de haute montagne qui, suite à un accident, se retrouve coincé dans une crevasse.

Faut-il s’appeler Danny Boyle pour s’autoriser d’installer toute son intrigue au fond d’un ravin ? Et pour compter essentiellement sur la prestation, ô combien extraordinaire, d’un James Franco éblouissant ? Pari osé, mais pari déjà largement gagné par Rodrigo Cortès avec son haletant Buried.

On n’a plus besoin de le présenter, Danny s’est fait un nom et une carrière, avec une vingtaine de films à son actif, des très bons, des moins bons (La Plage …), mais aucun gros ratage, il peut peut-être se vanter d’être l’un des grands du 7è art.

Depuis 2006 qu’il rêve de tourner l’histoire d’Aaron, Danny ne l’a jamais envisagé comme un documentaire (comme l’avait souhaité, au départ, Aaron), et pour cause, il souhaite à tout prix éviter cette sensation d’objectivité qui tiendrait le spectateur à distance.

On peut en tout cas dire que son intention est réussie, car pendant une heure trente-quatre, on ne peut s’empêcher de trembler pour le pauvre Aaron. Un pauvre Aaron qui semble pourtant coupable, responsable d’une situation dans laquelle il a plongé délibérément. Des tendances suicidaires, une inconscience naturelle ou une arrogante confiance en soi, la frontière est, ici, bien fine.

Un film que je trouve réussi, donc, qui passe ingénieusement du fait divers à des dimensions plus psychologiques en empruntant subtilement les chemins tortueux de la confrontation de soi. Face à lui-même et à son impuissance dans l’attente d’un sort funeste, flirtant entre folie et hallucinations, dues à des conditions plus qu’inconfortables, James Franco nous fait grâce d’un puissant talent ; un talent jusqu’ici sous exploité ?


Un film inratable si hauteur et solitude ne font pas partie de vos angoisses latentes et si la perspective de rester 1h30 presque en tête à tête avec James ne vous rebute pas.

dimanche 13 février 2011

La métamorphose

En ce samedi après-midi, Je prend le bus pour rejoindre Juju, Steph et Flo au cinéma des Halles. On a prévu d'aller voir Black Swan, le petit dernier D'Aronofsky, responsable du magistral Requiem for a Dream, rien que ça.


Après quelques complications de transports qui ont suffit à me mettre dans une humeur exécrable, j'arrive tant bien que mal à destination.
L'attente pour entrer dans la salle semble interminable (et quelque peu étouffante).Nous voilà enfin entrés, premier rang, légèrement inquiets pour l'état de nos yeux à la sortie (un film qui réunit Nathalie Portman, Vincent Cassel et Winona Ryder, forcément, ça attire du monde).


Le pitch, c'est l'histoire de la douce Nina (Nathalie Portman), membre du New York City Ballet et qui n'aspire qu'à une chose : devenir danseuse étoile. Alors quand Thomas, directeur de la troupe, entame des auditions pour trouver celle qui interprétera la Swan Queen du majestueux Lac des Cygnes, elle se retrouve confrontée à ses plus grandes angoisses, une rivale, le désir d'un homme, ses pulsions et une ambition dévorante qu'elle tient d'une mère légèrement abusive.
Un film visuellement admirable, les scènes de danses y sont magnifiquement interprétées, Darren Aronofsky livre tout son talent pour sublimer son œuvre, qui transpire la folie, la frustration et la brutalité étouffée.

Un film assez violent en somme, mais on connaît les aptitudes d'Aronofsky en la matière.
Une film qui ondule gracieusement entre psychologie tourmentée, ambition destructrice, sexualité oppressante et, finalement, effrayante transformation.
Dans certaines scènes où l'obsession se mêle à une démence incertaine, on ne peut s'empêcher de penser à Catherine Deneuve dans le très paranoïaque Répulsion.

Le film est magnifiquement porté par Nathalie Portman qui nous fait grâce d'un talent enivrant dans le rôle d'une jeune fille torturée, dévorée par sa propre ambition et ses pulsions dévastatrices. L'évolution de son personnage se perd dans la tourmente de ses propres frustrations jusqu'à un dépucelage, au sens figuré, et un peu au sens propre. Parce que Black Swan c'est un peu l'histoire d'une virginité perdue au profit d'une bestialité et d'une sexualité menaçante.

Ses collègues, Mila Kunis (connue pour son rôle de Jackie dans That's 70's Show), Vincent Cassel, Barbara Hershey ou encore Winona Ryder, ne s'en sortent pas mal et nous livre un film abouti et, parfois, limite indécent, ou chaque acteur met son talent au profit de l'autre afin de sublimer l'œuvre d'Aronofsky.

En attendant d'aller le voir, parce que je vous le recommande vivement, vous pouvez toujours vous faire une petite idée avec la bande-annonce.