Woody Allen, 1985

New Jersey, 1930, en pleine crise économique. Cécilia (
Mia Farrow) est une jeune serveuse qui tente d'échapper à son triste quotidien dans les salles obscures et tombe sous le charme de Tom Baxter (
Jeff Daniels), archéologue vigoureux, héros de
La Rose Pourpre du Caire. Amoureuse du personnage, elle ne cesse d'aller voir le film et, à sa grande surprise, Tom finit par sortir de l'écran pour s'enfuir avec elle. Elle a finalement rencontré l'homme de sa vie... Le seul problème c'est qu'il n'est pas réel...!

Une gentille comédie romantique sur le rôle du fantasme lié au rapport du cinéma à la réalité. Woody Allen nous plonge dans le rêve qui se confond à la réalité, le fantasme et l'imagination. La mise en abîme et le thème du mélange des personnage de fiction avec ceux de la "réalité" crée une magie qui ne nous quitte jamais durant la totalité du film. Le personnage sort de l'écran, et il va même jusqu'à faire entrer le jeune Cécilia dans le film, où le champagne n'en est pas vraiment. Car après tout ce n'est que du cinéma, et Tom n'est qu'un personnage fictif, il n'est pas réel. Cécilia finira-t-elle par choisir Gil Sheperd, l'interprète de Tom? Finira-t-elle par rejoindre son mari et la réalité qu'elle a toujours connu? S'enfuira-t-elle pour vivre le rêve absolu avec l'homme de ses rêves?

Il fallait penser à faire sortir le personnage de l'écran, Woody l'a fait... Si la métaphore du film a été repris plus d'une fois, notament avec Pleasantville - Gary Ross (1998) *toujours avec Jeff Daniels*, où, là, deux adolescents de la fin des années 90, entrent dans une série idylique des années 50, ou encore, plus récemment, dans Enchanted -Kevin Lima, où une princesse du monde féérique de Disney se retrouve propulsée en plein Manhattan, elle ne sera jamais aussi bien explorée que dans le fabuleux, naïf et touchant *sûrement l'un des moins cérébral* film de Woody Allen.