jeudi 25 juin 2009

Vertige, la montagne ça vous gagne

Mercredi 24 juin, 20h et quelques, j'attend mon cher et tendre devant l'entrée du Ciné Cité Bercy. N'ayant pas trop suivi les actualités cinématographique ce dernier mois, c'est un peu le nez au vent que je me suis dirigée à Cour Saint Emilion. Qu'à cela ne tienne, il aura bien une idée, lui.
Le voilà qui s'avance vers moi. Après bisous, câlins et autres formalités du genre, on se déplace devant les panneaux d'affichage. Personnellement mon estomac crie famine, alors le choix du film pourra attendre. Mon regard se pose sur l'affiche de Vertige, et là je regarde mon chéri, des étoiles dans les yeux en roucoulant "celui il a l'air bien". N'ayant asolument pas entendu parlé de ce film ni vu aucune bande-annonce, j'ai simplement eu ce qu'ou pourrait qualifier de coup de foudre purement physique pour cette affiche.


Le jeune homme accroché à mon bras semble réticent. Vertige? La montagne? Et puis y'a du sang... Le verdict semble sans appel. Il propose Notorious Big. Hum... Eventuellement... Good Morning England? Déjà vu... Transformers 2? Euh... Joker.
Mais là l'appel de la faim prend le dessus, et n'ayant pas l'intention de perdre une minute de plus dans la décision du film j'accepte le premier qu'il propose, à savoir Transformers.

Je vous passe l'épisode du dîner qui n'intéresse que mon estomac repus et satisfait.

On arrive aux bornes de retrait. Mon amoureux glisse la carte et choisi sa place pour Transformers 2 à 21h45. On est ric-rac, il est 43, mais encore dans les temps. A mon tour de glisser la carte et de prendre mon billet. Il n'y a plus de places disponibles pour cette séance. Bon alors direction la caisse, pour expliquer au vendeur qu'on veut une place pour la séance de 22h finalement. Tout est bien qui finit bien, nous avons deux places pour le même film, pour la même salle, à la même heure.
Passage furtif pour faire le plein de maltesers (rituel oblige) et nous donnons docilement notre billet à l'ouvreuse qui nous indique le numéro de la salle: 30. Oui elle a dit 30! Donc nous nous dirigeons, avec peine d'ailleurs mais c'est un détail, vers la salle 30. Installés dans nos sièges, en se gavant de ces petits bonbons enrobés de chocolat au lait, nous profitons des bandes-annonces et autres pubs vues et revues.

La salle est vide. Et là, mon cher et tendre a une illumination. "T'es sûre que c'est bien la salle 30? Parce qu'elle toute petite et presque vide." Vérification express sur le billet. Salle 33. Quelle heure est-il? 22h28. On a donc raté le début de Transformers 2. Qu'est ce qu'on s'apprète à voir? Aucune idée. Un spectateur nous renseigne gentiment sur le film qui va être projeté dans moins de cinq minutes, après s'être allègrement "foutu de notre gueule" (appelons un chat, un chat). Good Morning England, donc. Déjà vu, et pas l'envie particulière de le revoir. On sort donc, un peu honteux de la salle, que, je le répète, l'ouvreuse nous avait indiquée! Première salle que l'on trouve, salle 32, film dans 5 minutes, Vertige. Et nous voilà donc dans la salle du film que JE voulais voir au départ. Ha ha, la vie est bien faite, quand même.

Le film commence sur un groupe de 5 amis, 2 couples et un mec, qui apparemment ne fait pas l'unanimité quant à sa présence au sein de la joyeuse bande. Poussé par un désir d'aventure et l'envie de se retrouver, le groupe se lance sur une voie d'escalade en haute montagne croate. Le site est fermé mais ça n'arrête pas nos jeunes aventuriers qui s'engagent alors dans l'ascenssion de la montagne. Mais le voyage va vite se compliquer pour Chloé, Fred, Guillaume, Karine et Loïc, lorsque le vertige des sommets et celui des sentiments enfoui se mèle à la constatation cauchemardesque qu'ils ne sont pas seuls.



Nous voilà donc plongé en plein coeur d'un film d'aventure mixé avec le film de genre. Le genre de film qui fait sensation, nouvelle vague actuelle de carnage et boucherie sanguinolente sur fond d'expédition aventurière. Mêlant judicieusement des films comme The Descent à La Colline a des Yeux ou autre Détour Mortel, en ajoutant un zeste de Rovdyr (chasse à l'homme suèdoise), Vertige est un survival français qui tient la route. Une angoisse qui s'intensifie en fonction de l'escalade des protagonistes. Mais arrivé au sommet, lorsqu'on pense être en sécurité, l'horreur atteint son paroxysme.


L'histoire est simple mais bien menée, par un réalisateur qui semble avoir apris sa leçon quant aux codes du survival. Des acteurs irréprochables. Des scènes ni trop gores, ni trop peu, une angoisse palpable notamment lorsque Loïc panique, en proie au vertige. Une parano qui s'installe au sein du groupe d'ami. Décidemment, oui, Abel Ferry a bien appris ses classiques et nous livre un film travaillé, maîtrisé, un veritable souffle d'air frais dans l'univers du film de genre français.